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sous-titrage monolingue ou sme lequel choisir

Sous-titrage monolingue ou SME : lequel choisir pour votre projet ?

Vous souhaitez faire sous-titrer vos vidéos en français. Cependant, vous hésitez entre un sous-titrage SME (pour les personnes sourdes et malentendantes) et un sous-titrage monolingue. D’ailleurs, vous ignorez à quoi correspond véritablement chaque type de sous-titrage. Vous ignorez même lequel pourrait le plus répondre à vos besoins. Dans cet article, vous allez découvrir les différences entre les deux types de sous-titrage et à quels projets chacun s’adapte le mieux. Vous saurez ainsi mieux choisir le genre de sous-titrage qui parlera le mieux à votre audience cible.

Introduction : qu’est-ce que le sous-titrage ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, définissons ce qu’est le sous-titrage. Il s’agit d’une technique qui consiste en un texte s’affichant sur un écran, texte qui adapte une vidéo dans la langue de son public cible. En d’autres termes, le sous-titrage est une adaptation dont l’objectif premier est de « synthétiser » l’information donnée à l’écran pour :

  • Aller droit à l’essentiel de ce qui est à dit dans la vidéo ;
  • La rendre compréhensible aux yeux des spectateurs.

Son second objectif est de transmettre le message de la vidéo au public ciblé, et ce, de manière fidèle.

De plus, il est essentiel que les sous-titres de la vidéo soient :

  • Lisibles, dans le sens où ils doivent transmettre l’idée véhiculée par la vidéo en étant suffisamment courts pour être lus par les spectatrices et spectateurs ;
  • Fluides, car ils doivent résumer l’essentiel de l’information et paraître logiques aux yeux du public, le tout devant s’enchaîner avec naturel et cohérence.

Parmi les types de sous-titrage, on recense le sous-titrage multilingue (c’est-à-dire l’adaptation d’une langue à une autre), mais également :

Vous pensez sans doute qu’il n’y a pas vraiment de différence, si ce n’est aucune, entre ces deux types de sous-titrage. Or, selon la vidéo à sous-titrer et, donc, son audience cible, il sera plus judicieux d’opter pour l’un plutôt que pour l’autre. Je vous explique pourquoi dans la suite de cet article.

Sous-titrage monolingue : adapter simplement les mots

Comme le titre de cette partie l’indique, cette première technique consiste à transcrire et à sous-titrer le texte d’une vidéo, et ce, dans la même langue (ici, le français). Pour que les sous-titres de celle-ci soient, comme je l’ai dit précédemment, lisibles et fluides aux yeux de votre public cible, ils doivent suivre des normes spécifiques, parmi lesquelles :

  • Le nombre de lignes (qui est de deux maximum) ;
  • Le nombre de caractères par seconde qu’une personne peut lire à l’écran ;
  • Le nombre de caractères par ligne qu’une personne peut lire à l’écran ;
  • Le nombre d’images entre chaque sous-titre ;
  • Le nombre d’images avant et après un changement de plan ;
  • La durée minimale d’un sous-titre ;
  • La durée maximale d’un sous-titre ;
  • L’usage des italiques dans certains cas (voix off, voix filtrées par des appareils – un téléphone, par exemple – titres d’œuvres…) ;
  • L’usage des majuscules dans d’autres cas (titres et cartons) ;
  • L’usage des guillemets droits (et non des guillemets français) ;
  • L’usage des tirets pour les dialogues uniquement ;
  • Le positionnement central des sous-titres.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les normes de sous-titrage, je vous invite à consulter la Foire aux questions du site Internet.

Au sujet des formats de sous-titres utilisés dans le cadre du sous-titrage monolingue, les formats SRT (.srt) et WebVTT (.vtt) sont les plus recommandés. À noter qu’un prochain article reviendra plus en détail sur les différents formats de sous-titres.

Dans quels cas le sous-titrage monolingue est-il le plus pertinent ?

De manière générale, le sous-titrage monolingue sera plus adapté aux projets suivants :

  • Webinaires et conférences en ligne ;
  • Vidéos institutionnelles à destination de la clientèle des entreprises ;
  • Vidéos de communication interne pour le personnel d’entreprise ;
  • Contenus e-learning ;
  • Interviews ;
  • Vidéos publiées sur les réseaux sociaux
  • Tutoriels ;

L’objectif ici est que votre audience comprenne rapidement le message que vous souhaitez lui transmettre, qu’elle regarde votre vidéo avec ou sans le son. Et comme dit précédemment, la fluidité et l’enchaînement des sous-titres sont donc essentiels. Ceci étant dit, le sous-titrage SME peut être tout aussi pertinent pour ce genre de vidéo dans la mesure où les éléments sonores jouent un rôle essentiel, à l’image des dialogues. Par ailleurs, sachez que chaque projet de sous-titrage est toujours à prendre au cas par cas.

Afin que vous y voyiez plus clair dans l’intérêt du sous-titrage monolingue pour votre projet, je vous présente brièvement un exemple de projet sur lequel j’ai travaillé.

Exemple concret : le webinaire de la CIECST

En 2024, j’ai été contacté par la CIECST. La CIECST est la Chaire internationale d’études comparées de la santé au travail. Cet organisme de recherche s’intéresse à la question du bien-être du travail et œuvre à trouver des solutions dans ce sens.

Ses membres m’ont sollicité pour le sous-titrage d’un de leurs webinaires, « Prendre la mesure de la crise du travail », diffusé sur leur chaîne YouTube. Leur objectif était de le rendre accessible à l’ensemble de leur public, qui pouvait alors choisir de visionner le webinaire avec ou sans son, et ce, depuis leur ordinateur ou leur smartphone. Quelles que soient leurs conditions de visionnage, leur confort de lecture devait évidemment être pris en compte.

Après m’avoir fait part de leur demande et de leurs besoins, nous avons convenu d’un sous-titrage monolingue. Le but était de rester fidèle aux propos des intervenantes et intervenants, tout en respectant les normes de sous-titrage listées précédemment. Ce dernier point est important, car le public entendant doit s’y retrouver lorsqu’il lit les sous-titres tout en regardant la vidéo. Dans le cas d’un webinaire ou d’une interview, le langage est oral, donc avec beaucoup de tics et de maladresses linguistiques. Malgré tout, dans la limite du possible, il faut les retranscrire tels quels.

Il ne faut pas non plus oublier la lisibilité et la fluidité des sous-titres. En effet, un webinaire comme celui-ci est souvent dense en informations. Il faut donc les transmettre le plus clairement possible à votre audience.

Vous l’aurez compris : le sous-titrage monolingue met l’accent uniquement sur l’adaptation des mots. Contrairement au sous-titrage SME qui, lui, se focalise également sur la description des éléments sonores de votre vidéo.

Sous-titrage SME : adapter les mots… mais aussi les sons

Comme son nom l’indique, le sous-titrage SME vise plus spécifiquement les spectatrices et spectateurs sourds et malentendants. Et comme pour le sous-titrage monolingue, la langue unique reste le français. Les normes citées précédemment sont toujours prises en compte pour que vos sous-titres soient fluides et lisibles tout du long. Néanmoins, des règles supplémentaires s’appliquent spécifiquement au sous-titrage SME.

En effet, il est notamment question de placement des sous-titres de votre vidéo. Par conséquent, le sous-titre est positionné sous la personne qui parle à l’écran :

  • Si la personne en question est à gauche, le sous-titre est placé à gauche ;
  • Si elle se trouve au centre, on met le sous-titre au centre ;
  • Et si elle est à droite, le sous-titre est à droite.

Et en plus du placement des sous-titres dans votre vidéo, il faut tenir compte de leur colorisation. Les couleurs suivantes s’appliquent, le cas échéant :

  • Blanc, quand la personne qui parle est visible à l’écran ;
  • Jaune, quand on ne voit pas la personne parler à l’écran (on dit alors qu’elle est « hors champ ») ou qu’elle parle en voix off ;
  • Rouge, en ce qui concerne les sons qui ne sont pas décrits à l’écran (ex. : si une porte se ferme hors champ, on l’indiquera explicitement par un sous-titre) ;
  • Vert, pour les langues étrangères ;
  • Cyan, pour les pensées du personnage à l’écran ou les flashbacks ;
  • Magenta, pour la musique et les chansons.

En outre, si nécessaire, quelques subtilités s’appliquent :

  • L’astérisque (*), pour indiquer que les voix sont filtrées par des appareils (haut-parleur, radio, télévision, téléphone…) ;
  • Le tiret (-), qui est utilisé dès qu’on change d’interlocuteur ;
  • Les trois points (…), notamment dans le cas où un son ou une musique est prolongé à l’écran.

Par ailleurs, l’astérisque, le tiret et les trois points sont toujours colorisés de la même couleur que le sous-titre auquel ils se rapportent.

Encore une fois, pour plus d’informations sur le sous-titrage SME, veuillez consulter ma Foire aux questions.

Enfin, les formats de fichier EBU STL (.stl) et ASS/SSA (.ass/.ssa) sont les plus utilisés pour le sous-titrage à destination des personnes sourdes et malentendantes, en particulier lorsque l’incrustation à l’image est nécessaire. Ceci étant dit, dans le cas où la vidéo est publiée en ligne – sur YouTube ou sur une autre plateforme –, les formats SRT (.srt) et WebVTT (.vtt) peuvent être requis.

Dans quels cas le sous-titrage SME est-il le plus pertinent ?

Le sous-titrage SME est surtout adapté aux projets suivants :

  • Documentaires ;
  • Longs-métrages et courts-métrages de fiction ;
  • Séries télévisées ;
  • Programmes télévisés ;
  • Captations de spectacles (concerts, pièces de théâtre, galas de danse) ;

Ici, il est primordial de retranscrire l’ensemble de votre vidéo à destination de votre audience sourde et malentendante. C’est-à-dire aussi bien les dialogues que les sons, comme mentionné ci-dessus. Et pour un sous-titrage SME de qualité, toutes les normes susmentionnées dans cet article doivent être appliquées (placement, colorisation, nombres de caractères par ligne et par seconde…).

Pour que vous saisissiez mieux les enjeux du sous-titrage SME pour votre projet, je reviens sur un autre exemple de projet que j’ai réalisé.

Exemple concret : le documentaire Une fracture française (Festival Résistances 2019)

En 2019, lors de mon stage de fin d’études à l’agence de sous-titrage Le Joli Mai, j’ai adapté plusieurs longs-métrages et courts-métrages pour le public sourd et malentendant du festival Résistances. Parmi ces œuvres, le documentaire engagé Une Fracture française – (Et si je ne suis pas Charlie ?). Un défi de taille, puisque contrairement à une vidéo de type webinaire, je devais retranscrire l’ambiance sonore en plus des échanges verbaux pour rendre l’ensemble accessible à l’audience de ce festival.

Le plus difficile a été de garder une cohérence tout du long. En effet, lorsqu’il faut sous-titrer les éléments sonores (classiques et musicaux, notamment), on doit faire le choix d’une formulation et s’y tenir jusqu’au bout. Par exemple, pour les sons classiques non décrits à l’écran (en rouge), il y a différentes manières de les écrire :

  • « Une porte claque. »
  • « Porte qui claque »
  • « Claquement de porte »

Par conséquent, une fois qu’un type de formulation a été choisi parmi ceux susmentionnés (la liste est non exhaustive), chaque fois qu’on devra sous-titrer un son de ce genre, ce sera de la même manière. Il en va de même évidemment pour la musique – en magenta – qu’on entend durant le film (« Musique orientale », « Une musique orientale retentit »…). Notez qu’il faut tenir compte du nombre de caractères par seconde et par ligne afin de réaliser ce travail.

Le plus ardu a été également de rester le plus fidèle possible aux propos des intervenantes et intervenants dans le documentaire. En effet, j’ai eu tendance à vouloir reformuler, voire « enjoliver » ce qui disait chaque personne à l’écran. Or, c’est une erreur ! Comme pour le sous-titrage monolingue, l’objectif du sous-titrage SME est de retranscrire le plus exactement possible les dialogues, en prenant en considération toutes les normes en vigueur.

Enfin, comme expliqué plus haut, le placement des sous-titres est important lorsqu’il y a plusieurs interlocutrices et/ou interlocuteurs. Cela permet ainsi au public sourd et malentendant de savoir qui parle à tel moment.

Pour conclure, lorsque vous avez une demande de projet de sous-titrage SME, vous devez vous rappeler qu’il s’agit d’un travail d’adaptation bien différent et bien plus complexe que celui requérant un sous-titrage monolingue. L’occasion de faire une piqûre de rappel pour conclure cet article.

Sous-titrage monolingue vs SME : pour résumer

Pour vous aider à faire le bon choix selon votre projet et votre public, voici un tableau qui liste les principaux points communs et les principales différences entre le sous-titrage monolingue et le sous-titrage SME.

CRITÈRESOUS-TITRAGE MONOLINGUESOUS-TITRAGE SME
Audience cibleGénéralisteSourde et malentendante
Langue de la vidéoFrançaisFrançais
Langue des sous-titresFrançaisFrançais
FormatsSRT
WebVTT
EBU STL
ASS/SSA
SRT (le cas échéant)
WebVTT (le cas échéant)
ProjetsWebinaires et conférences en ligne
Vidéos institutionnelles à destination de la clientèle des entreprises
Vidéos de communication interne pour le personnel d’entreprise
Contenus e-learning
Interviews
Vidéos publiées sur les réseaux sociaux
Tutoriels
Documentaires
Longs-métrages et courts-métrages de fiction
Séries télévisées
Programmes télévisés Captations de spectacles (concerts, pièces de théâtre, galas de danse)
Normes en vigueurNombre de lignes (2 maximum) Nombre de caractères par seconde
Nombre de caractères par ligne Durée minimale
Durée maximale
Placement au centre
Nombre de lignes (2 maximum)
Nombre de caractères par seconde
Nombre de caractères par ligne
Durée minimale du sous-titre
Durée maximale du sous-titre
Placement (gauche, droite ou centre)
Colorisation
Descriptions des sons
ColorisationNonOui (blanc, rouge, jaune, cyan, vert et magenta)
PlacementAu centreÀ gauche, à droite ou au centre
Contenu des sous-titresDialoguesDialogues
Sons
Musique et chansons
ObjectifFaciliter la compréhension du contenu même de votre vidéo, afin que votre audience la visionne avec ou sans sonProposer une adaptation complète de votre vidéo à son audience sourde et malentendante, en restituant les dialogues et les éléments sonores
Niveau de complexitéSous-titrage focalisé sur la transcription des dialogues, en respectant les normes standardsSous-titrage axé à la fois sur la transcription des dialogues et sur les éléments sonores, en respectant les normes classiques et celles spécifiques au sous-titrage SME

En résumé, il n’y a pas un sous-titrage « meilleur » que l’autre. Le sous-titrage monolingue et le sous-titrage SME répondent ainsi chacun à un usage différent. L’essentiel est donc qu’il corresponde à votre projet et à l’audience que vous ciblez spécifiquement.

***

Vous avez un projet de sous-titrage monolingue ou SME à me confier ? Envoyez-moi une demande de devis pour que nous en discutions de vive voix.

Author

Fabien Soulier

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